Bali est l’une des destinations les plus visitées d’Asie du Sud-Est. Mais si son image évoque plages tranquilles, yoga, surf et spiritualité, elle soulève aussi des inquiétudes légitimes : activité volcanique, circulation anarchique, maladies tropicales, petits vols… Ce décalage entre la carte postale et la réalité mérite un éclairage objectif.
Bali n’est pas une destination dangereuse, mais elle impose d’être bien préparé. Pour éviter les galères et profiter sereinement de votre voyage, mieux vaut savoir où se situent les véritables risques, et comment les anticiper.
Ce qu’il faut retenir en un clin d’œil
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Bali est globalement sûre, même pour les voyageurs en solo.
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Elle se trouve dans une zone sismique active, avec risque modéré de séismes et d’éruptions volcaniques (mont Agung).
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L’eau du robinet n’est pas potable, et les troubles digestifs sont fréquents.
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La dengue circule, surtout pendant la saison des pluies (novembre à mars).
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La circulation est dangereuse, surtout pour les étrangers à scooter sans expérience.
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Quelques arnaques ciblent les touristes, principalement dans les zones très fréquentées.
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Les violences sont rares, mais la vigilance reste de mise, comme partout.

Une île touristique à part en Indonésie
Bali n’est pas un pays. C’est une île appartenant à l’Indonésie, située entre Java et Lombok. Elle fait partie des provinces de ce vaste archipel de plus de 17 000 îles. Contrairement au reste du pays, majoritairement musulman, Bali est hindouiste à 90 %. Ce particularisme religieux a façonné une culture singulière, très présente dans le quotidien : offrandes dans les rues, fêtes religieuses fréquentes, rituels visibles partout.
Ce mélange de spiritualité, d’accueil chaleureux et d’infrastructures touristiques attire chaque année plusieurs millions de voyageurs. Mais l’afflux massif de visiteurs engendre aussi des effets secondaires : urbanisation rapide, pollution, comportements abusifs de certains touristes… et une adaptation parfois superficielle des locaux à cette économie du tourisme.
Risques naturels : vivre avec les éléments
Bali est située sur la ceinture de feu du Pacifique, une zone très active sur le plan géologique. Les principaux risques naturels sont les séismes, les éruptions volcaniques et, plus rarement, les tsunamis.
| Risque naturel | Description | Gravité | Fréquence |
|---|---|---|---|
| Séismes | Secousses sismiques régulières, parfois ressenties | Modérée | Régulière |
| Éruptions volcaniques | Mont Agung actif, suivi constant | Élevée en période d’activité | Occasionnelle |
| Tsunamis | Dépend des séismes sous-marins proches | Potentiellement grave | Rare |
Le mont Agung, qui culmine à 3 031 mètres, est surveillé en permanence. Lorsqu’il montre des signes d’activité, les autorités ferment des zones d’accès et peuvent suspendre temporairement les vols internationaux à l’aéroport de Denpasar. Le dernier épisode marquant date de 2017.
Des sirènes d’alerte au tsunami sont installées dans certaines zones côtières, mais le risque reste très faible. En cas de séisme, éloignez-vous du littoral jusqu’à ce que le danger soit écarté.
Conseil utile : téléchargez l’application de l’agence géophysique indonésienne (BMKG) pour suivre l’activité sismique et volcanique locale.

Santé à Bali : ce qu’il faut savoir pour éviter les mauvaises surprises
Les problèmes de santé à Bali ne sont pas rares, mais ils sont généralement bénins et évitables avec un peu de préparation. Les risques concernent surtout l’alimentation, l’eau, les piqûres de moustiques et, plus rarement, certaines infections tropicales.
Le plus courant est le “Bali belly”, une tourista provoquée par un changement d’alimentation, une hygiène différente ou la consommation d’eau ou de glace non potable. Ce trouble peut être désagréable pendant quelques jours, mais rarement grave.
Autres risques sanitaires à connaître :
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Dengue : transmise par les moustiques Aedes, cette maladie virale peut provoquer fièvre, douleurs articulaires et fatigue. Il n’existe pas de traitement curatif, seulement des soins symptomatiques.
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Rage : bien que rare, quelques cas sont rapportés chaque année. Les chiens errants, les singes (notamment dans la Monkey Forest d’Ubud) peuvent transmettre le virus en cas de morsure ou griffure.
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Hépatite A et typhoïde : ces maladies d’origine alimentaire sont présentes en Indonésie. La vaccination est recommandée.
Ce qu’il faut faire : ne buvez jamais l’eau du robinet, évitez les glaçons dans les petits warungs (restos locaux), lavez les fruits, utilisez du gel hydroalcoolique, portez des vêtements couvrants le soir et dormez sous moustiquaire ou climatisation.
Prévoyez une trousse médicale avec : anti-diarrhéiques, probiotiques, répulsif puissant (30 % DEET minimum), crème apaisante, pansements, désinfectant et solution de réhydratation.
Circulation à Bali : un vrai facteur de risque
Les routes balinaises peuvent sembler chaotiques pour un regard occidental. La conduite se fait à gauche, les scooters sont partout, les feux et panneaux de signalisation sont rares ou ignorés, et les règles de circulation sont très souples… voire inexistantes.
Les accidents de la route sont une des principales causes de blessures chez les touristes. Beaucoup de voyageurs inexpérimentés louent un scooter sans permis adapté, sans casque, parfois sous l’effet de l’alcool ou sans assurance.
Même en voiture, le stress est réel : klaxons permanents, passages étroits, chiens errants, embouteillages fréquents autour de Canggu, Ubud ou Seminyak.
À éviter : conduire sans permis international. En cas d’accident, l’assurance refusera toute prise en charge si vous ne possédez pas le bon document.
Ce qu’il vaut mieux faire : utilisez les applications locales comme Grab ou Gojek pour commander un chauffeur fiable, pas cher, et bien plus sûr.
Délinquance et arnaques à Bali : ce qu’il faut surveiller
Les agressions violentes visant des touristes sont extrêmement rares à Bali. L’île vit largement du tourisme, et les locaux tiennent à préserver une réputation de destination sûre. Toutefois, certains petits délits existent, principalement dans les zones très touristiques, et ciblent parfois les voyageurs inattentifs.
Les cas les plus fréquents concernent :
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Vols à l’arraché en scooter : téléphone ou sac à main arraché par un passager en deux-roues, notamment dans des rues peu fréquentées.
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Cambriolages dans les villas : surtout quand elles sont mal sécurisées ou laissées sans surveillance.
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Faux policiers : rares mais signalés. Ils réclament des amendes en cash lors de contrôles improvisés.
Les arnaques les plus courantes :
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Changeurs de monnaie malhonnêtes : certains bureaux proposent des taux attractifs mais manipulent les billets pendant le comptage.
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Taxis sans compteur : refus de mettre le compteur ou trajet rallongé volontairement. Cela concerne surtout les taxis bleus non officiels à l’aéroport ou dans les zones fréquentées.
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Faux guides ou “frais d’entrée improvisés” : des personnes se présentent comme guides ou gardiens de temple et réclament un paiement abusif.
Le bon réflexe : gardez vos objets de valeur hors de vue, utilisez des coffres dans les hébergements fiables, privilégiez les changeurs certifiés (ou les distributeurs), utilisez Grab/Gojek pour éviter les taxis sauvages, et refusez poliment tout service non sollicité.
Comportement et respect des coutumes : éviter les malentendus
Bali est accueillante, mais reste une île profondément religieuse, marquée par l’hindouisme. Certains comportements peuvent choquer, même sans intention de nuire. En période de forte affluence touristique, les tensions sont parfois palpables avec les habitants, notamment face aux comportements jugés irrespectueux.
Ce qu’il faut éviter :
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Entrer dans un temple torse nu ou en tenue légère (sarong obligatoire).
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Toucher la tête d’un enfant (considéré comme sacré).
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Se mettre en colère ou crier en public : la perte de contrôle est mal vue.
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Monter sur une offrande dans la rue (petits paniers au sol).
La consommation de drogue, même douce, est strictement interdite en Indonésie. La législation est très sévère, et les peines peuvent être extrêmement lourdes. Les autorités appliquent une tolérance zéro, y compris pour de petites quantités.
Le bon ton : respectez les coutumes, restez humble et souriant, même en cas de désaccord. Cela vous ouvrira bien plus de portes qu’une attitude exigeante ou arrogante.
Faut-il s’inquiéter pour sa sécurité à Bali ?
Non, Bali n’est pas une destination dangereuse, à condition de voyager informé et d’adopter quelques précautions simples. Les risques réels existent — comme partout — mais ils sont largement évitables avec un minimum de vigilance. Ce qui menace le plus les visiteurs, ce ne sont ni les volcans ni les moustiques, mais souvent une conduite imprudente, une hygiène relâchée ou un excès de confiance.
L’île reste l’une des plus accessibles d’Asie pour un premier voyage hors d’Europe. Elle combine une bonne infrastructure touristique, une population chaleureuse, une diversité d’expériences… et un charme intact, malgré sa popularité.
Voyager à Bali en toute sécurité, c’est avant tout comprendre son environnement, respecter ses codes, et préparer un minimum son séjour. Avec ça, vous aurez toutes les clés pour en profiter pleinement, sans stress ni galères.
