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Guides pratiques

Combien de kilomètres fait le tour de la Terre ? 40 075 km à l’équateur

40 075 km par l’équateur, 40 008 km par les pôles : l’écart de 67 km vient de l’aplatissement de la planète. D’où sort ce chiffre presque rond, lequel des trois retenir et ce que ça donne une fois traduit en heures de vol et en jours de vélo.

Mis à jour le 6 min de lecture
La Terre vue de l’espace au-dessus de l’Atlantique, l’Afrique et l’Amérique du Sud de part et d’autre

Photo : Zelch Csaba / pexels

Tour par l’équateur
40 075,017 km
Tour par les pôles
40 007,863 km
Écart entre les deux
67 km, dus à l’aplatissement
Tour du monde homologué
36 770 km au minimum

Le tour de la Terre mesure 40 075 km si on suit l’équateur et 40 008 km si on passe par les pôles. Les 67 km d’écart ne sont pas une imprécision de mesure : la planète est un peu plus large que haute et les deux chiffres décrivent deux trajets différents.

Ce qu’il faut retenir

  • Le tour par l’équateur mesure 40 075,017 km, soit 2π fois le demi-grand axe du référentiel WGS 84, fixé à 6 378 137,0 m.
  • Le tour par les pôles, c’est-à-dire le périmètre complet de l’ellipse méridienne, mesure 40 007,863 km.
  • L’écart de 67 km entre les deux vient de l’aplatissement de la planète, fixé à 1/298,257223563 par la même norme.
  • Dans la vie courante, le chiffre à retenir est 40 075 km. Les deux autres sont des précisions de géodésien.
  • Le total tombe presque rond parce que le mètre a été défini en 1791 à partir du méridien, et non l’inverse.
  • Un tour du monde homologué par la Fédération aéronautique internationale n’exige pas 40 075 km mais 36 770 km.

Les trois chiffres et lequel utiliser

Trois valeurs circulent et elles sont toutes les trois exactes. Elles ne répondent simplement pas à la même question : la première décrit un tour par le point le plus large, la deuxième un tour par les pôles, les autres servent aux calculs.

MesureValeur
Tour par l’équateur40 075,017 km
Tour par les pôles40 007,863 km
Rayon équatorial6 378,137 km
Rayon polaire6 356,752 km
Aplatissement1/298,257223563

Source : paramètres du référentiel géodésique WGS 84 publiés par la National Geospatial-Intelligence Agency, consultés le 23 juillet 2026. Les deux circonférences en découlent par le calcul, la première par 2π fois le demi-grand axe, la seconde par le périmètre de l’ellipse méridienne.

Pourquoi ce n’est pas un seul chiffre

La Terre est un ellipsoïde, pas une sphère

En tournant sur elle-même, la Terre se renfle à l’équateur et s’aplatit aux pôles. Le rayon équatorial vaut 6 378,137 km, le rayon polaire 6 356,752 km, soit 21,4 km de différence. En diamètre, cela donne 12 756,274 km d’un côté contre 12 713,505 km de l’autre : 42,8 km d’écart.

Impressionnant en kilomètres, minuscule en proportion. Sur un globe de bureau de 30 cm de diamètre, cet aplatissement représenterait 1 mm. C’est pour cette raison qu’aucune photo prise depuis l’espace ne montre une Terre visiblement ovale.

Globe terrestre ancien sur pied de bois, la bande de l’équateur marquée AEQVINOCTIALIS bien lisible
Sur les globes anciens, l’équateur porte le nom de ligne équinoxiale. C’est le seul parallèle qui fait 40 075 km : tous les autres sont plus courts.

Ce que change le référentiel utilisé

Les valeurs ci-dessus sont celles du World Geodetic System 1984, la référence géodésique qui sert au GPS. Deux de ses quatre paramètres fondateurs ne sont pas mesurés mais posés par convention : le demi-grand axe ( 6 378 137,0 m exactement ) et l’aplatissement ( 1/298,257223563 ).

Cela explique la précision affichée. Personne n’a déroulé un mètre ruban autour de la planète. La surface réelle, avec ses montagnes et ses fosses, ne suit de toute façon aucun ellipsoïde. On calcule ces circonférences à partir d’une convention internationale. Changer de référentiel déplace les décimales, jamais le chiffre qu’on retient.

D’où vient ce chiffre presque rond de 40 000 km

Le 26 mars 1791, le mètre est introduit comme la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre. L’ordre des opérations est le point intéressant : on a d’abord décidé que le quart de méridien vaudrait 10 000 000 mètres, puis on a fabriqué l’unité pour que le compte tombe juste. Par construction, le tour de la Terre par les pôles devait donc faire 40 000 km tout rond.

Restait à mesurer ce méridien pour de bon. Jean-Baptiste Delambre et Pierre Méchain s’y sont attelés près de sept ans, de Dunkerque à Barcelone, par triangulation : une chaîne de triangles dont on relève tous les angles et un seul côté.

Leur travail était bon, pas parfait. D’après les paramètres WGS 84, le quart de méridien vaut aujourd’hui 10 001,966 km, soit 1 966 m de plus que les 10 000 km posés en 1791. Rapporté à l’unité elle-même, le mètre est trop court d’environ 0,2 mm.

0,2 mm

Ce qui manque au mètre pour que le tour de la Terre par les pôles tombe exactement sur 40 000 km.

Calcul d’après les paramètres WGS 84 ( NGA ) et la définition de 1791 ( Métrologie française )

Voilà tout ce qui sépare 40 000 km de 40 008 km. Le chiffre rond n’est pas une facétie de la nature : c’est un objectif fixé par décret, manqué de deux dixièmes de millimètre.

Boussole de laiton posée sur une carte ancienne où le quadrillage des méridiens et des parallèles est visible
Le quadrillage des méridiens et des parallèles. C’est en mesurant un morceau de l’un d’eux, entre Dunkerque et Barcelone, qu’on a fabriqué le mètre.

Ce que ça représente en voyage

Quatre ordres de grandeur, avec l’hypothèse de vitesse affichée à chaque fois, parce qu’une durée sans vitesse ne vaut rien.

En avion. Airbus annonce une croisière à Mach 0,85 pour l’A350-900, soit de l’ordre de 900 km/h à l’altitude de croisière. À cette allure, 40 075 km demandent environ 45 h de vol, sans escale, sans vent et sans détour. Le même appareil affiche un rayon d’action de 15 750 km : l’équateur vaut deux fois et demie son autonomie maximale.

En voiture. À 500 km avalés par jour, hypothèse déjà sportive, il faut 80 jours de conduite. Sur le papier seulement : aucune route ne suit l’équateur et la distance routière réelle n’a rien à voir avec la ligne droite, ce que constate immédiatement quiconque s’amuse à calculer un itinéraire Michelin entre deux villes éloignées.

À vélo. Guinness World Records crédite Mark Beaumont de 78 jours 14 h 40 min entre le 2 juillet et le 18 septembre 2017, au départ et à l’arrivée de Paris, à travers 16 pays, pour environ 18 000 miles annoncés à vélo, soit près de 29 000 km.

À pied. À 5 km/h et 6 h de marche par jour, soit 30 km quotidiens tenus sans une journée de repos, il faudrait 1 336 jours, presque quatre ans. Hypothèse théorique et rien d’autre.

Aile d’avion de ligne et son winglet bordeaux au-dessus d’une couche de nuages en fin de journée
45 h de vol pour 40 075 km à 900 km/h. Aucun avion de ligne ne fait ce trajet : les vols suivent des arcs de grand cercle, pas l’équateur.

Le « tour du monde » officiel ne fait pas 40 075 km

Disons-le : « faire le tour du monde » et « parcourir 40 075 km » sont deux choses différentes. Confondre les deux fausse le calcul dès la première ligne.

La Fédération aéronautique internationale, qui homologue les records du ciel, place la barre nettement plus bas. Son Sporting Code section 2, édition d’avril 2023, exige un circuit fermé traversant tous les méridiens, tous les points de contrôle sous 66° 33′ de latitude et une longueur de parcours qui ne descende pas sous 36 770 km. Le code des giravions, la section 9, est plus explicite encore : il fixe le minimum à 36 787,559 km, « equal in length to the Tropic of Cancer », soit la longueur exacte du tropique du Cancer.

La logique est géométrique. On peut boucler un tour complet en traversant tous les méridiens sans jamais s’approcher de l’équateur. Plus on monte en latitude, plus le parallèle à parcourir est court : à 45° de latitude, soit à mi-chemin entre l’équateur et le pôle, il ne mesure déjà plus que 28 385 km. Sans plancher réglementaire, un tour du monde homologué se réduirait à une boucle serrée autour d’un pôle. Un tour du monde ne se compte donc pas en kilomètres, il se compte en méridiens.

Pour la même raison, un budget de tour du monde ne se déduit pas d’une circonférence : il se construit escale par escale, sur des vols réels. Quand le départ se prépare en solo, les sites pour partir seul en vacances donnent une base plus utile que 40 075 km.

Et si vous êtes arrivé ici pour estimer le coût d’un tour du monde, cette page ne vous servira à rien : elle donne une longueur, pas un itinéraire.

Même famille de questions, même genre de réponse contre-intuitive, avec les drapeaux du Tchad et de la Roumanie.

Le reste de nos réponses chiffrées est rangé dans nos guides pratiques.

Questions fréquentes

Pourquoi le tour de la Terre ne fait-il pas exactement 40 000 km ?
Parce que la mesure du méridien qui a servi à définir le mètre en 1791 était très bonne sans être exacte. Le quart de méridien vaut 10 001,966 km d’après les paramètres WGS 84, au lieu des 10 000 km posés à l’époque. L’unité elle-même est donc trop courte d’environ 0,2 mm, ce qui suffit à faire glisser le total de 40 000 à 40 008 km.
Combien de temps faudrait-il pour faire le tour de la Terre en avion de ligne ?
De l’ordre de 45 h de vol pur, si on retient 900 km/h, ce qui correspond au Mach 0,85 annoncé par Airbus en croisière pour l’A350-900. C’est un ordre de grandeur théorique : il ne compte ni les escales, ni le vent, ni le fait qu’aucune ligne commerciale ne suit l’équateur.
De combien la Terre est-elle plus large que haute ?
Oui. Le diamètre équatorial mesure 12 756,274 km et le diamètre polaire 12 713,505 km, soit 42,8 km de différence. Rapporté à la taille de la planète, c’est très peu : sur un globe de bureau de 30 cm, l’écart vaudrait 1 mm, invisible à l’œil nu.
Comment les Grecs ont-ils mesuré la Terre sans satellite ?
Ératosthène aurait comparé l’inclinaison des rayons du soleil à Syène et à Alexandrie le même jour, trouvé un angle d’un cinquantième d’angle plein puis multiplié par 50 la distance entre les deux villes, estimée à 5 000 stades. Résultat : 250 000 stades, soit 39 375 km avec un stade égyptien de 157,5 m, d’après le document de référence d’Éduscol.

Sources