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Guides pratiques

Les hôtels 6 étoiles existent-ils vraiment ? Ce que dit le classement

Non : aucun organisme public ne délivre de 6 ou 7 étoiles, le maximum officiel est de 5 étoiles partout. On sort le texte que personne ne cite, les critères de la distinction Palace et six adresses qui se revendiquent 6 ou 7 étoiles alors qu’elles sont, sur le papier, des 5 étoiles.

Mis à jour le 9 min de lecture
Hall d’hôtel de luxe sous deux lustres en cristal, sculpture de marbre et grand canapé de velours rouge

Photo : Tomas Anunziata / pexels

Classement officiel maximum
5 étoiles, en France comme à l’étranger
Palaces distingués en France
33 au 2 juin 2026, dont 6 nouveaux
Chambre mini pour un palace
26 m² sanitaires compris, et critères renforcés
Le « 6 étoiles »
un argument de vente, décerné par aucun organisme

Non : aucun classement hôtelier officiel ne va au-delà de 5 étoiles, ni en France ni ailleurs dans le monde. Le « 6 étoiles » qu’affiche une brochure ou un site de réservation est un argument de vente, pas une catégorie décernée par un organisme.

Reste la vraie question derrière la formule : qu’est-ce qui distinguerait un cran au-dessus du 5 étoiles, et quelles adresses osent revendiquer la sixième ? On sort le texte officiel que la concurrence oublie de citer, puis on regarde six établissements qui affichent 6 ou 7 étoiles, avec leur classement réel.

Ce qu’il faut retenir

  • Aucun organisme public ne délivre de 6 ou 7 étoiles : le maximum officiel est de 5 étoiles, partout.
  • En France, le cran au-dessus existe bel et bien, mais il s’appelle distinction Palace, il est décerné par l’État et réservé aux 5 étoiles.
  • 33 établissements portent cette distinction depuis le 2 juin 2026, dont 6 nouveaux entrants.
  • Le « 6 étoiles » est une étiquette marketing : elle n’engage personne et ne devrait jamais servir de critère de réservation.
  • Six adresses dans le monde revendiquent 6 ou 7 étoiles ; toutes sont, sur le papier, des 5 étoiles.

Ce que dit vraiment le classement hôtelier

Le sujet paraît flou parce que personne ne cite la source. Elle existe pourtant, elle est publique, et elle s’arrête net à cinq étoiles.

En France : de 1 à 5 étoiles, puis la distinction Palace

Le classement des hôtels de tourisme va de 1 à 5 étoiles, un point c’est tout. Il est géré par Atout France, sur la base de l’arrêté du 29 décembre 2021, et la démarche est volontaire : l’hôtelier fait inspecter son établissement par un organisme accrédité, qui transmet le certificat de visite. Le classement est valable 5 ans, puis se redemande. Aucune sixième étoile nulle part dans le barème.

Au-dessus des 5 étoiles, la France a bien créé un échelon, mais elle ne l’a pas appelé « 6 étoiles ». C’est la distinction Palace, née en 2010, accordée par le ministre chargé du tourisme et réservée aux seuls hôtels déjà classés 5 étoiles. Autrement dit, le vrai « super 5 étoiles » à la française porte un nom, pas un chiffre.

Les critères qui séparent un 5 étoiles d’un palace

C’est la question que personne ne traite alors qu’elle est la seule intéressante : si une sixième étoile existait, que devrait-elle contenir ? La grille de la distinction Palace donne la réponse. Pour être éligible, un établissement doit avoir démarré son activité depuis au moins 24 mois (12 mois après une réfection totale), disposer de chambres d’une surface minimale de 26 m² sanitaires compris et remplir l’ensemble des critères renforcés de la grille 5 étoiles, un seul manquement toléré. S’ajoutent une localisation, un intérêt historique ou patrimonial remarquables et un service jugé exceptionnel par une commission.

Voilà, concrètement, ce que serait une « sixième étoile » : plus d’espace par chambre, davantage de personnel, un lieu qui a une histoire. Rien d’un slogan, tout d’une grille écrite.

À l’étranger : pourquoi les systèmes ne sont pas comparables

Chaque pays tient son propre barème, et aucun ne dépasse cinq étoiles pour autant. Dubaï plafonne officiellement à 5 étoiles, l’Italie aussi (avec sa mention « 5 stelle lusso »), la Chine de même. Un 5 étoiles émirati, un 5 étoiles italien et un 5 étoiles français ne recouvrent pas les mêmes exigences : comparer leurs étoiles revient à comparer des unités différentes. C’est aussi pour ça qu’une sélection locale et datée vaut mieux qu’un chiffre, à Dubaï comme chez nous, où l’on préfère par exemple pointer les meilleurs hôtels 5 étoiles de La Réunion plutôt que d’aligner des astérisques.

D’où vient alors le « 6 étoiles » ?

L’histoire est connue, et elle est éclairante. En 1999, un journaliste britannique invité avant l’ouverture du Burj Al Arab lâche que « cinq étoiles ne suffisent pas » à décrire l’endroit. Le mot « sept étoiles » circule, la communication de l’hôtel ne dément pas, la légende est lancée. Depuis, agrégateurs, brochures et articles reprennent la formule, chacun y trouvant son compte : l’hôtel se démarque de ses voisins, la presse tient un titre qui fait cliquer.

Le constat est simple : se revendiquer d’une catégorie qui n’existe nulle part est un signal de communication, pas de qualité. Un palace français, lui, est vérifié par un organisme public sur une grille écrite. Le « 6 étoiles » n’est contrôlé par personne, et c’est bien pour ça qu’il est si commode à afficher.

Bar d’hôtel aux murs rouges, lustres en cristal et arbre en fleurs au-dessus de tables en bois verni
Le décor porte le récit ; l’étiquette « 6 étoiles », elle, ne repose sur aucun contrôle.

Les établissements qui se revendiquent 6 ou 7 étoiles

Voici six adresses qui affichent, dans leur nom, leur marketing ou leur légende de presse, plus de cinq étoiles. Aucune n’est classée au-delà de 5 étoiles par un organisme national. Les ordres de prix sont indicatifs : à ces niveaux, les tarifs bougent avec la saison et se vérifient à la réservation.

ÉtablissementVille, paysClassement officielOrdre de prix / nuit
Burj Al Arab JumeirahDubaï, Émirats5 étoiles (max local)1 500 à 2 500 € (indicatif)
Emirates Palace Mandarin OrientalAbou Dabi, Émirats5 étoiles600 à 1 000 € (indicatif)
Galleria Vik MilanoMilan, Italie5 étoiles700 à 1 500 € (indicatif)
Pangu 7 Star HotelPékin, Chine5 étoilesà partir de 350 € (indicatif)
The 13Macau, Chine5 étoiles (max local)sur demande
Mardan PalaceAntalya, Turquie5 étoilestout compris, 300 à 600 € (indicatif)

Sources : classements nationaux (Émirats, Italie, Chine, Turquie) et sites officiels des établissements ; ordres de prix indicatifs donnés à titre d’exemple, à confirmer à la réservation. Consulté le 23 juillet 2026.

Salon d’hôtel coiffé d’une coupole dorée, lustre monumental et sol de marbre en étoile noir et blanc
Marbre, coupole et lustre monumental : le vocabulaire visuel que toutes ces adresses partagent.

Burj Al Arab Jumeirah, Dubaï

L’icône en forme de voile, celle qui a inventé le mythe. Elle compte 202 suites duplex, un spa, une terrasse à piscines à débordement et un restaurant étoilé au Guide MICHELIN, Al Muntaha. Sa réputation tient à sa silhouette, à ses hélipads et à un service pléthorique. Son classement réel reste celui d’un 5 étoiles : le site officiel de Jumeirah décrit l’adresse sans jamais lui accoler d’étoile officielle au-delà de cinq.

Emirates Palace Mandarin Oriental, Abou Dabi

Un palais posé sur la corniche, près de 400 chambres et suites, une plage privée, des dômes à la feuille d’or. La presse l’a parfois qualifié de « 8 étoiles », un chiffre qui ne correspond à rien. Officiellement, l’adresse est un 5 étoiles, doublé de distinctions professionnelles bien réelles, elles : sur sa page officielle, Mandarin Oriental met en avant un statut Forbes Five-Star et deux Clefs MICHELIN, jamais une sixième étoile.

Ces deux adresses du Golfe drainent une clientèle française nombreuse. Juste à côté, une autre question mérite d’être vérifiée avant de boucler la valise : Oman est-il un pays dangereux ?

Seven Stars Galleria, devenu Galleria Vik Milano

Le cas le plus révélateur. Installé à l’étage noble de la Galleria Vittorio Emanuele II, cet hôtel de 89 chambres et suites est le seul au monde à avoir reçu un certificat « sept étoiles », décerné le 7 mars 2008. Sauf que l’émetteur, SGS, est une société de certification privée suisse, pas un État ni un office du tourisme. Racheté par le groupe Vik en 2019 et rebaptisé Galleria Vik Milano, il reste, dans le barème italien qui s’arrête à cinq étoiles, un 5 étoiles. Le site officiel parle d’art contemporain et d’emplacement, plus de sept étoiles.

Pangu 7 Star Hotel, Pékin

Ici, le chiffre est carrément dans le nom. Signé de l’architecte C.Y. Lee, à qui l’on doit la tour Taipei 101, l’immeuble en forme de dragon fait face au parc olympique de 2008. Il compte 234 chambres et suites, dont 140 suites. La Chine, elle, ne classe pas au-delà de 5 étoiles (五星级), et les plateformes de réservation le rangent d’ailleurs en 5 étoiles. Le « 7 Star » est une signature commerciale, pas une homologation.

The 13, Macau

Un hôtel tout en villas, 200 suites allant de 186 à 2 787 m², chacune avec majordome. Son promoteur l’a présenté à l’ouverture, en 2018, comme l’hôtel le plus cher jamais construit, budget de l’ordre de 1,4 milliard de dollars. Le nom joue sur le nombre, mais aucune échelle officielle ne va jusque-là, et l’adresse a surtout défrayé la chronique pour ses difficultés financières. La démesure n’est pas une catégorie de classement.

Mardan Palace, Antalya

À son ouverture, le 23 mai 2009, ce resort de 560 chambres a été présenté comme le plus cher d’Europe et de Méditerranée : 1,4 milliard de dollars, une immense piscine à aquarium, du sable importé d’Égypte et l’étiquette « sept étoiles » collée par la presse. Quinze ans plus tard, il est exploité en formule tout compris sous une autre enseigne, à quelques centaines d’euros la nuit. C’est peut-être la meilleure démonstration qui soit : l’étiquette s’envole, la réalité tarifaire, elle, retombe sur terre.

Ce que ces adresses ne vous donneront pas

Un bon rapport qualité-prix, pour commencer. À ces niveaux de tarif, on paie une adresse et une étiquette autant qu’un lit : un très bon 5 étoiles de province, ou un palace de taille humaine, offre souvent un meilleur séjour pour le tiers du prix. Si vous cherchez le calme, l’espace et un service attentif, la « sixième étoile » ne vous apportera rien qu’un excellent 5 étoiles ne fasse déjà.

Pour un séjour de luxe qui tient ses promesses sans l’étiquette, mieux vaut d’ailleurs soigner la saison plutôt que le nombre d’étoiles, comme pour l’Île Maurice en octobre.

Le vrai équivalent français : les palaces

Si vous voulez un cran au-dessus du 5 étoiles avec une garantie derrière, la réponse tient en un mot : palace. La collection 2026, dévoilée par Atout France le 2 juin 2026, réunit 33 établissements, dont 6 nouveaux entrants (Bvlgari Hotel Paris, Cheval Blanc Paris, Fouquet’s Paris, Four Seasons Resort Megève, Hôtel Martinez à Cannes, Royal Champagne à Champillon) et 27 renouvellements. Signe que le titre se mérite et se perd : quatre adresses l’ont vu retirer en 2026, dont deux palaces parisiens, le Park Hyatt Paris-Vendôme et le Mandarin Oriental Paris.

33

palaces distingués en France, une catégorie décernée par l’État et réservée aux hôtels 5 étoiles

Atout France, collection dévoilée le 2 juin 2026

La différence avec le « 6 étoiles » est de nature, pas de degré. Un palace est contrôlé par une commission publique sur une grille écrite, réexaminé, retirable. Le « 6 étoiles » ne repose sur rien de tout cela.

Coin salon feutré, deux fauteuils à haut dossier encadrant une console à bougies sous un lustre rond
Un palace français répond à une grille écrite et à un contrôle public, pas à un chiffre d’étoiles improvisé.

Le « 6 étoiles » n’ouvre donc aucune porte qu’un vrai 5 étoiles ne franchisse déjà, et il n’engage personne. La seule étiquette qui se vérifie, en France, tient sur une grille écrite et un contrôle public : le reste est de la mise en scène. Pour choisir sur des critères qui existent, nos guides pratiques partent toujours d’une source datée.

Questions fréquentes

Un site de réservation peut-il légalement afficher « 6 étoiles » ?
Rien ne l’interdit, parce que les étoiles au-delà de cinq ne correspondent à aucun classement officiel : la mention n’engage donc personne et ne peut pas être « fausse » au sens réglementaire. En France, seules comptent les étoiles délivrées par Atout France (de 1 à 5) et la distinction Palace. Un « 6 étoiles » sur une plateforme est un habillage commercial, pas une note contrôlée.
Combien de palaces compte la France, et où sont-ils ?
33 établissements portent la distinction Palace depuis la collection dévoilée par Atout France le 2 juin 2026, dont 6 nouveaux entrants. Ils sont concentrés à Paris, sur la Côte d’Azur et dans quelques stations comme Megève ou Courchevel. La liste complète et à jour est publiée par Atout France.
Le Burj Al Arab est-il classé 7 étoiles par un organisme officiel ?
Non. L’expression est née en 1999 sous la plume d’un journaliste britannique invité avant l’ouverture, puis reprise par la communication de l’hôtel. Le système de classement de Dubaï plafonne à 5 étoiles : sur le papier, le Burj Al Arab est un 5 étoiles, comme tous ses voisins.
Quelle différence concrète entre un 5 étoiles et un palace pour le client ?
Un palace est un 5 étoiles qui remplit en plus tous les critères renforcés de la grille, avec des chambres d’au moins 26 m² sanitaires compris, une localisation ou un intérêt patrimonial remarquable et un niveau de service jugé exceptionnel par une commission d’État. En clair : plus d’espace, plus de personnel, un lieu qui a une histoire et un contrôle public derrière tout ça.
Un hôtel peut-il perdre ses étoiles, et à quel rythme le classement est-il révisé ?
Oui. Le classement hôtelier français est valable 5 ans, puis l’hôtelier doit redemander une visite d’inspection. La distinction Palace se perd aussi : en 2026, quatre adresses l’ont vue retirée, dont deux palaces parisiens. Ni les étoiles ni le titre de palace ne sont acquis à vie.

Sources