Deux jours sur le lac Titicaca : Uros, Amantani et Taquile
Le programme classique part du port de Puno à 3 827 m : îles flottantes des Uros le premier matin, nuit chez l’habitant à Amantani, marche sur Taquile le lendemain. Le déroulé heure par heure, le budget en soles, l’altitude qui décide de tout, et ce que la sortie n’est pas.
Photo : Yolanda / pixabay
- Durée
- 2 jours, 1 nuit chez l’habitant
- Point culminant
- temples d’Amantani, 4 150 m
- Entrée, îles des Uros
- 8 PEN, environ 2 €
- Excursion 2 jours
- environ 50 à 55 USD par personne
Le programme classique part du port de Puno, à 3 827 m, sur une barque à moteur qui met le cap vers les roseaux de totora. En deux jours, vous voyez les îles flottantes des Uros, vous dormez chez l’habitant à Amantani et vous marchez sur Taquile le lendemain. Voici le déroulé heure par heure, ce que ça coûte, et ce que cette sortie n’est pas.
Ce qu’il faut retenir
- Deux jours, une nuit chez l’habitant à Amantani. Départ vers 8 h de Puno, retour le lendemain vers 15 h, selon les programmes d’opérateurs consultés le 26 juillet 2026.
- Le lac Titicaca est à 3 812 m, le plus haut lac navigable du monde. La montée vers les temples d’Amantani grimpe jusqu’à 4 150 m.
- Les îles des Uros sont artificielles, faites de totora. La visite est courte, à environ 30 min de navigation de Puno, et très encadrée.
- La chambre chez l’habitant n’est pas chauffée. En juin et juillet, les nuits normales à Puno passent sous 0 °C.
- Comptez environ 50 à 55 USD par personne pour l’excursion, entrées d’îles et repas locaux en plus.
- L’altitude est le vrai sujet, pas l’insécurité : la région de Puno n’est pas déconseillée par la France.
Jour 1, le matin : le port de Puno et les îles flottantes des Uros
Le bateau quitte le port de Puno vers 8 h et rejoint les Uros en une demi-heure environ, à 6 km de la ville. On accoste sur l’un des îlots de roseaux, où une famille explique comment le socle de totora se construit, se pourrit par en dessous et se recharge par le dessus. La fiche d’inventaire du MINCETUR recense environ 190 de ces îles artificielles, administrées par le peuple uros depuis 1979, et fixe le droit d’entrée à 8 PEN. Une balade sur une barque de totora, le Kuntiki, est proposée en supplément, autour de 10 PEN.
Disons-le : la visite des Uros est une démonstration, pas une rencontre. Elle dure une heure à peine, elle est rodée, et les panneaux solaires sur les toits, les canots à moteur et les tôles rappellent que la vie moderne est passée par là. Ce n’est pas un défaut, c’est ce que c’est. On la regarde pour ce qu’elle offre, un mode de construction sur totora qu’on ne voit qu’au Titicaca, et on ne lui demande pas d’être un village figé dans le temps.
Jour 1, l’après-midi : la traversée jusqu’à Amantani
Après les Uros, la barque met le cap sur le large. Comptez deux à trois heures de navigation pour atteindre Amantani, une vraie île de terre, cette fois, à une quarantaine de kilomètres de Puno. La communauté d’accueil vous attend au débarcadère et vous répartit entre les familles. Le déjeuner se prend chez l’habitant, simple et copieux : soupe, quinoa, pommes de terre de l’altiplano.
En fin d’après-midi, le programme classique propose de monter aux deux sommets sacrés de l’île, Pachatata et Pachamama, pour le coucher de soleil. C’est court sur la carte, une heure de marche, mais l’effort se paie en altitude. La municipalité de Puno et PROMPERÚ situent ces centres cérémoniels préincaïques au point culminant de l’île.
4 150 m
L’altitude des temples Pachatata et Pachamama d’Amantani, au-dessus d’une île dont la base est déjà à 3 810 m. La courte montée du soir est le premier vrai test d’acclimatation du séjour.
Municipalité de Puno et PROMPERÚ, centres cérémoniels d’Amantani
Jour 1, le soir : la nuit chez l’habitant, sans enjoliver
C’est la partie que les fiches des vendeurs passent sous silence, et c’est celle qui décide de votre souvenir du séjour. La chambre est basique : un lit, des couvertures épaisses, rarement une prise qui fonctionne, des sanitaires simples et de l’eau froide. Le dîner est frugal, la veillée parfois animée par la famille qui prête des ponchos et fait danser les visiteurs, selon les opérateurs qui organisent l’accueil. On se couche tôt, vers 21 h, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire et que le froid tombe.
Et il tombe pour de bon. À Puno, les minimales normales de juin et de juillet descendent à moins 0,5 °C et moins 0,8 °C d’après SENAMHI, et Amantani, plus haut, ne fait pas plus chaud. La chambre n’est pas chauffée : réservé aux courageux, ou aux bien équipés.
Jour 2 : Taquile, le tissage et le retour
Le deuxième jour commence tôt. On quitte Amantani en fin de matinée pour Taquile, à une heure de navigation. L’île est petite, 5,72 km², étagée de 3 810 à 3 950 m, peuplée d’environ 2 200 habitants quechuas. Du débarcadère, un chemin dallé et des escaliers montent vers la place centrale : quelques centaines de marches, à prendre lentement.
Taquile vaut le détour pour une raison précise : son art textile est inscrit par l’UNESCO sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel, proclamé en 2005 et inscrit en 2008. Ici, ce sont les hommes qui tricotent le chullo, le bonnet à oreilles, et les femmes qui tissent les ceintures calendrier. Le déjeuner, souvent une truite du lac, se règle en espèces à la communauté, autour de 25 PEN. Le retour vers Puno prend encore trois heures environ, pour une arrivée en milieu d’après-midi.
L’altitude : ce que ça change et ce qu’il faut faire avant
Le vrai risque de ces deux jours n’est ni le bateau ni le froid, c’est le mal aigu des montagnes. La fiche santé de France Diplomatie, mise à jour le 30 juin 2026, place le seuil au-delà de 2 500 m et recommande une ascension lente, avec pas plus de 400 m de dénivelé positif entre deux nuits consécutives. Puno est déjà à 3 827 m, et la marche d’Amantani grimpe à 4 150 m.
La même fiche liste les signes à surveiller, essoufflement, maux de tête, nausées, vomissements, troubles du sommeil, et rappelle qu’ils peuvent être transitoires ou s’aggraver jusqu’au décès. Sa consigne, si les symptômes apparaissent, est d’interrompre la montée, de redescendre le plus vite possible en dessous de 4 000 m accompagné, puis de consulter. Sur une île sans structure médicale, cette redescente n’est pas immédiate : c’est tout le problème.
Si votre circuit passe aussi par le sud, la même prudence s’applique au canyon de Colca en une journée, qui monte encore plus haut et se joue lui aussi sur l’acclimatation. Pour préparer plus largement un itinéraire andin, notre guide sur les risques et conseils en Équateur couvre les mêmes réflexes d’altitude et de santé.
Combien ça coûte
| Poste | Fourchette | Ce que c’est censé inclure |
|---|---|---|
| Excursion 2 jours en groupe | 50 à 55 USD par personne, environ 43 à 47 € | bateau, entrées de base, guide, 2 déjeuners, nuit, dîner et petit-déjeuner chez l’habitant |
| Droit d’entrée, îles des Uros | 8 PEN, environ 2 € | accès à l’îlot visité, perçu sur place |
| Balade en barque de totora | 10 PEN, environ 2,50 € | court trajet entre deux îlots, en option |
| Déjeuner à Taquile | environ 25 PEN, autour de 6 € | repas préparé par la communauté, réglé en espèces |
Source : fourchette de l’excursion relevée le 26 juillet 2026 sur les programmes publiés d’opérateurs de Puno, à vérifier au moment de la réservation. Droits d’entrée d’après le MINCETUR et les communautés locales. Conversions au taux de la Banque centrale de réserve du Pérou du 22 juillet 2026, soit 3,96 PEN pour 1 € et 3,404 PEN pour 1 USD.
Le prix affiché couvre le transport, le guide et la pension chez l’habitant. Ce qui s’ajoute presque toujours, ce sont les petits droits d’entrée réglés sur les îles, les repas pris à Taquile et les pourboires. Faites préciser avant de payer le nombre de passagers par bateau et la langue du guide : deux lignes qui changent la journée.
Une journée ou deux jours : lequel choisir
| Formule | Ce qu’on voit | Pour qui |
|---|---|---|
| 1 jour | îles des Uros et Taquile, retour le soir à Puno | qui a peu de temps et ne veut pas dormir en altitude |
| 2 jours | les Uros, plus Amantani, la nuit chez l’habitant et la marche aux temples | qui veut autre chose qu’une démonstration et accepte le froid |
Si vous ne visez que les îles des Uros sur une demi-journée, l’aller-retour depuis Puno ne vaut pas le déplacement : une heure de démonstration ne justifie pas la montée à 3 800 m. Ce qui donne du sens à ce trajet, c’est précisément ce qui manque à la formule courte, la nuit à Amantani et la marche du lendemain, ou rien. Entre les deux, à condition d’être acclimaté, prenez les deux jours : c’est la seule version qui laisse le temps de la traversée, du silence du soir et d’un lever de jour sur le lac. Pour un voyage en solo, la logique d’organisation reste celle décrite dans voyager seule au Chili, où le format en petit groupe simplifie surtout la logistique.
Ce qu’on ne vous dit pas avant de partir
La visite des Uros est mise en scène, on l’a dit, et ce n’est pas la seule chose que les brochures arrondissent. Le confort chez l’habitant est spartiate, les repas sont simples et se répètent d’une famille à l’autre, et on ne se baigne pas : l’eau est glaciale à près de 3 800 m. Le lac est splendide, mais c’est un lieu de vie rude, pas un décor. Ceux qui partent en le sachant en reviennent contents ; ceux qui attendent un hôtel avec vue, beaucoup moins. Si vous préparez ce type de séjour isolé, les sites pratiques pour partir seul aident à cadrer le budget et l’intendance.
Deux jours qui se méritent
Ces deux jours tiennent sur une bascule simple : une nuit sans chauffage et un confort rustique contre une marche au-dessus de 4 000 m et un lac qu’on ne voit nulle part ailleurs. Acclimatez-vous d’abord, montez équipé, et le reste suit. Si vous enchaînez avec le sud du pays, nos guides sur le Pérou rassemblent les étapes voisines.
Questions fréquentes
- Faut-il réserver l’excursion à l’avance ou peut-on la prendre sur place à Puno ?
- Sur place suffit dans la plupart des cas. Les agences de Puno vendent l’excursion de deux jours à la veille pour le lendemain, et les départs sont quotidiens. Réserver depuis la France fait surtout gagner du temps si vous arrivez en pleine haute saison, entre juin et août, ou pour les fêtes.
- Fait-il vraiment si froid la nuit à Amantani, et y a-t-il des couvertures ?
- Oui. À Puno, les minimales normales de juin et juillet passent sous 0 °C d’après SENAMHI, et Amantani, plus haut, ne fait pas plus chaud. La chambre chez l’habitant n’est pas chauffée. Les familles fournissent des couvertures épaisses, mais un bonnet, des sous-couches et un sac à viande changent la nuit.
- Peut-on faire cette sortie avec des enfants, et à partir de quel âge ?
- La fiche santé de France Diplomatie déconseille la haute altitude aux jeunes enfants. Au-dessus de 3 800 m, avec une nuit non chauffée et une marche vers 4 150 m, ce n’est pas un terrain pour un tout-petit. Pour des enfants plus grands déjà acclimatés à Cuzco ou Puno, c’est envisageable, à leur rythme.
- Y a-t-il du réseau et de l’électricité sur les îles ?
- Peu, et de façon variable selon la famille et l’île. L’électricité chez l’habitant à Amantani est limitée et souvent solaire, la couverture mobile passe par endroits sur le lac mais reste aléatoire. Partez avec vos appareils chargés et une batterie externe, sans compter recharger le soir.
- Que faut-il apporter à la famille qui accueille, et est-ce attendu ?
- Ce n’est pas obligatoire, mais c’est apprécié. Des produits difficiles à monter sur l’île, fruits frais, riz, huile, ou des fournitures scolaires, valent mieux que des bonbons. Un petit geste pour les enfants de la maison passe toujours, sans en faire un pourboire déguisé.
Sources
- SERNANP, Reserva Nacional del Titicaca, présentation et altitude du lac — consultée le 26/07/2026
- MINCETUR, inventaire des ressources touristiques, fiche 960, Islas Flotantes de los Uros — consultée le 26/07/2026
- Municipalité de Puno, tourisme, île de Taquile — consultée le 26/07/2026
- Municipalité de Puno, tourisme, île d’Amantani — consultée le 26/07/2026
- PROMPERÚ, Amantaní et ses temples Pachatata et Pachamama — consultée le 26/07/2026
- UNESCO, Taquile et son art textile, Liste représentative du patrimoine culturel immatériel — consultée le 26/07/2026
- SENAMHI, normales climatologiques standards 1991-2020, données de la station de Puno — consultée le 26/07/2026
- France Diplomatie, Pérou, Santé, mise à jour du 30 juin 2026 — consultée le 26/07/2026
- France Diplomatie, Pérou, Sécurité, mise à jour du 11 mars 2026 — consultée le 26/07/2026
- Banque centrale de réserve du Pérou, taux de change euro et dollar, séries quotidiennes — consultée le 26/07/2026
- Turismo Liberty, programme et prix publiés du tour Lac Titicaca 2 jours 2026 — consultée le 26/07/2026