Handivoyage : ce qu’est devenue la plateforme, et comment préparer un voyage accessible
Handivoyage n’a pas disparu : la plateforme s’appelle mobee travel depuis 2019. Ce guide réunit les labels Tourisme et Handicap et Destination pour tous, les délais d’assistance en avion et en train, la carte mobilité inclusion, les aides de l’ANCV et huit étapes pour préparer un séjour accessible.
Photo : Kenneth Surillo / pexels
- Nouveau nom depuis 2019
- mobee travel, ex-Handivoyage
- Label Tourisme et Handicap
- 3 676 sites labellisés (février 2025)
- Assistance aéroport
- gratuite, à réserver 48 h à l’avance
- Aides ANCV
- jusqu’à 80 % d’un séjour financé
Handivoyage est une plateforme française de location de logements accessibles, fondée en 2017 à Lyon par Lucas Gebhardt, alors âgé de 19 ans. Elle a changé de nom en 2019 et s’appelle aujourd’hui mobee travel : le service existe toujours, sous une autre marque, et il n’y a rien à réactiver côté ancien site. Voilà réglé ce que la plupart des gens cherchent en tapant ce mot. Le reste, la vraie difficulté, commence après : trouver un logement réellement accessible et pas seulement annoncé comme tel, réserver l’assistance dans les délais imposés, monter un budget qui tient, quand une simple marche de 8 cm à l’entrée suffit à annuler un séjour.
37,6 %
des adultes handicapés déclarent ne pas avoir les moyens de partir une semaine en vacances, contre 20,4 % des personnes sans handicap.
Observatoire des inégalités, d’après Eurostat 2022, publié le 25 juin 2024
Ce qu’il faut retenir
- Handivoyage n’a pas disparu : la plateforme s’appelle mobee travel depuis 2019, avec un catalogue annoncé de plus de 32 000 logements adaptés dans 75 pays.
- Une mention « accessible » sans label Tourisme et Handicap ne garantit rien, parce que les critères sont déclaratifs et que personne ne vient les contrôler.
- L’assistance en aéroport est gratuite mais se réserve au moins 48 h avant le vol, faute de quoi l’aéroport n’a aucune obligation de la fournir.
- En gare, l’assistance SNCF se demande jusqu’à 24 h avant le départ, et se prépare idéalement 90 jours à l’avance.
- La carte mobilité inclusion, gratuite, ouvre des droits concrets (stationnement, priorité, réductions de transport) et se demande à la MDPH.
- Les chèques-vacances de l’ANCV peuvent financer jusqu’à 80 % d’un séjour, accompagnant compris, sous condition de ressources.
Handivoyage, mobee travel : ce que fait exactement la plateforme
La marque a changé, le métier a évolué, mais la promesse de départ reste la même : réserver un séjour sans jouer à la loterie de l’accessibilité.
Le principe : mise en relation sur des logements accessibles
Lucas Gebhardt a lancé Handivoyage après des vacances gâchées par un logement présenté comme adapté qui ne l’était pas. L’idée tenait de la place de marché : mettre en relation des propriétaires de logements réellement accessibles et des voyageurs en situation de handicap, sur le modèle d’une location entre particuliers. La société a d’abord été soutenue par la fondation d’entreprise de la MAAF, avant de se réorienter. Sous le nom mobee travel, elle fonctionne désormais comme une agence de voyage spécialisée : son site annonce un catalogue de plus de 32 000 logements adaptés dans 75 pays, des transports adaptés réservables, la livraison de matériel médical sur place et un accompagnement par des conseillers, pour environ 2 000 voyages organisés par an.
Ce qu’elle vérifie, et ce qu’elle ne vérifie pas
La plateforme met en avant des logements présentés comme accessibles, dont une partie labellisés Tourisme et Handicap. C’est son argument, et il vaut mieux qu’une case cochée au hasard sur un site généraliste. Mais un opérateur spécialisé reste juge et partie : il vend ses propres séjours, pas ceux des autres, et ne compare ni les aides publiques ni les canaux concurrents. La règle ne bouge pas selon la marque, une accessibilité annoncée n’a de valeur que si elle est adossée à un label vérifié ou à une visite. Mobee travel n’est pas partenaire de ce site, et rien ici ne pousse à réserver chez lui plutôt qu’ailleurs.
Les alternatives françaises et européennes
Pour un logement, l’annuaire officiel du label Tourisme et Handicap recense les établissements contrôlés, consultables par département et par famille de handicap. Pour un territoire entier pensé pour l’accessibilité, la marque Destination pour tous pointe une poignée de villes. Les plateformes de location généralistes restent utilisables, à condition de tout vérifier soi-même auprès du propriétaire, mesures et photos à l’appui. À l’étranger, les mêmes réflexes s’appliquent, sans le filet du label français.
Les labels et marques officiels à connaître
Deux marques d’État existent, elles ne recouvrent pas la même chose, et la confusion coûte cher au moment de réserver.
Tourisme et Handicap
Tourisme et Handicap est un label d’État attribué à des établissements précis : hôtels, campings, musées, restaurants, sites de visite. Au 11 février 2025, la Direction générale des entreprises en dénombrait 3 676, avec un objectif de 4 500 pour la fin d’année et 626 dossiers en cours d’instruction. Le label couvre quatre familles de handicap (auditif, mental, moteur, visuel) et n’est délivré que si l’établissement satisfait les critères d’au moins deux d’entre elles, avec un socle de critères obligatoires et un résultat d’au moins 75 % au référentiel. L’attribution est réexaminée tous les cinq ans par une visite d’évaluation. L’annuaire est public : la liste des sites labellisés se filtre par département.
Destination pour tous
Destination pour tous est l’autre marque d’État, mais elle ne récompense pas un établissement : elle qualifie un territoire entier, capable d’offrir un séjour accessible de bout en bout, de l’hébergement aux transports en passant par les commerces et les loisirs. Sa grille compte 104 critères répartis sur les mêmes quatre familles de handicap, avec trois niveaux (bronze, argent, or) et une validité de cinq ans. Les territoires labellisés se comptent sur les doigts des deux mains, et Amiens, Dunkerque et Toulouse figurent au niveau or. Autant dire que la marque garantit beaucoup, mais couvre encore peu de destinations.
Ce que vaut une mention « accessible » sans label
Rien, ou presque. Sur une plateforme de location généraliste, la case « accessible » est déclarative : le propriétaire la coche, personne ne vient mesurer la porte ni la hauteur du lit. La marche de 8 cm à l’entrée, le rebord de douche, l’ascenseur trop étroit, rien de tout cela n’apparaît sur une photo cadrée pour vendre. Pour un séjour en fauteuil, un hébergement labellisé ou vérifié par une plateforme spécialisée bat un logement généraliste mieux noté, à chaque fois : la note mesure la satisfaction de clients valides, pas la largeur d’un passage. Le seul contrôle qui vaut, pour un équipement précis, reste la page accessibilité de l’exploitant, exactement la démarche suivie dans notre fiche sur l’aquarium de Marseille, où l’accès se lit à la source et pas dans un avis.
Préparer le séjour, étape par étape
La logique ne diffère pas de celle d’un départ classique bien préparé, comme dans notre guide des sites pour partir seul en vacances. Chaque étape gagne simplement une contrainte, et l’ordre compte plus que d’habitude.
- Définir le besoin réel, pas le handicap en général. Largeur de porte utile, hauteur du lit, barre de transfert, présence d’un lève-personne, plain-pied ou étage avec ascenseur : notez les mesures exactes, elles serviront à chaque réservation.
- Choisir la destination en fonction de l’accessibilité, pas l’inverse. Un territoire Destination pour tous ou une ville dotée d’un transport adapté vous épargne la moitié des problèmes.
- Lancer les démarches administratives sans attendre. Demandez ou vérifiez la carte mobilité inclusion auprès de votre MDPH : elle ouvre des droits utiles une fois en voyage.
- Réserver l’hébergement accessible en premier. C’est la ressource la plus rare, les logements réellement adaptés partent des mois à l’avance.
- Réserver le transport longue distance et déclencher l’assistance. 48 h minimum avant l’avion, 24 h avant le train, mais visez beaucoup plus tôt.
- Organiser le transport et les activités sur place. Véhicule adapté, taxi PMR, transport à la demande, location de matériel médical : tout se réserve en amont.
- Boucler l’assurance et le rapatriement. Vérifiez noir sur blanc la prise en charge du fauteuil et du matériel médical, y compris en cas de casse par le transporteur.
- Confirmer chaque maillon 72 h avant le départ. Un rappel à la compagnie, à l’hébergeur et au loueur de matériel évite la panne de coordination le jour du départ.
Le transport : ce à quoi vous avez droit et dans quel délai
Sur le transport, la loi est de votre côté, à une condition : prévenir dans les temps. Passé le délai, l’obligation d’assistance tombe.
| À réserver ou signaler | Délai à respecter |
|---|---|
| Assistance en avion | Au plus tard 48 h avant le vol |
| Fauteuil et matériel en avion | 2 équipements transportés gratuitement, signalés 48 h avant |
| Assistance en gare SNCF | Au plus tard 24 h avant, possible dès 90 jours |
| Présentation en gare | 30 min avant le train (60 min pour Eurostar) |
Source : ministère de la Transition écologique (règlement CE 1107/2006) et SNCF Voyageurs, consultés le 26 juillet 2026.
En avion
Le règlement européen 1107/2006 impose une assistance gratuite dans tous les aéroports de l’Union et à bord des appareils. Vous devez signaler votre besoin dès la réservation, et au plus tard 48 h avant le départ, auprès de la compagnie, de l’agence ou du tour-opérateur, qui préviennent l’aéroport. La compagnie transporte gratuitement jusqu’à deux équipements de mobilité par passager, en plus du matériel médical. Elle ne peut refuser que pour un espace insuffisant en soute ou une non-conformité aux règles sur les matières dangereuses, ce qui vise surtout les batteries au lithium.
En train
En France, l’assistance ferroviaire passe par le service Accès Plus et la plateforme Assist’enGare de la SNCF. Elle se réserve dès 90 jours avant le voyage et jusqu’à 24 h avant le départ. Le jour même, présentez-vous au point de rendez-vous 30 min avant le train, 60 min pour un Eurostar vers Londres. L’agent prend en charge un bagage de 15 kg maximum et vous accompagne jusqu’à votre place. Le fauteuil doit tenir dans les gabarits annoncés : 70 cm de large, 120 cm de long, 150 cm de diamètre de braquage.
Sur place : véhicule adapté, transport à la demande
Une fois arrivé, tout dépend de la destination. Certaines villes disposent d’un réseau accessible et d’un service de transport à la demande pour les personnes à mobilité réduite ; d’autres imposent le taxi PMR ou le véhicule adapté loué, qui se réservent encore plus tôt que le reste. Sur une île comme La Réunion, l’offre est inégale selon les secteurs, comme le détaille notre guide pour se déplacer à La Réunion.
Si vous prenez la route, préparer l’itinéraire à l’avance aide à repérer les aires, les parkings et les étapes accessibles plutôt qu’à les découvrir en chemin.
Les aides financières, et à qui les demander
Le premier levier est l’Aide aux projets vacances, portée par l’ANCV avec l’Unapei : elle prend la forme de chèques-vacances pouvant financer jusqu’à 80 % du coût d’un séjour, accompagnant compris, sous condition de ressources (quotient familial plafonné, 900 € dans le cadre concerné) et avec l’appui d’un référent social. La carte mobilité inclusion mention invalidité ouvre en plus des réductions sur les transports et des avantages fiscaux ; sa mention priorité donne accès aux places assises et coupe les files d’attente ; sa mention stationnement autorise le stationnement gratuit sur les places réservées, pour n’importe quel véhicule qui vous transporte. Enfin, les caisses d’allocations familiales et les conseils départementaux proposent leurs propres aides aux vacances, aux montants et conditions variables, à demander directement auprès d’eux plutôt que de les croire acquises.
Les pièges qui gâchent un séjour
Trois pièges reviennent, et ils ont la même racine : une accessibilité affirmée mais pas vérifiée. La mention « accessible » sans label, déjà vue, est le premier. Le deuxième, ce sont les photos qui masquent une marche, un seuil ou un couloir trop étroit, parce qu’elles sont faites pour séduire et pas pour renseigner. Le troisième, la salle de bain dite adaptée mais dépourvue de barre de transfert et d’espace de rotation, inutilisable en fauteuil malgré l’étiquette.
Disons-le : mieux vaut décaler un départ d’un mois que d’arriver devant un logement inaccessible avec un billet non remboursable en poche. La déception d’attendre est réelle, mais elle se répare ; une marche à l’entrée d’un gîte, non.
Un voyage accessible tient à un enchaînement de réservations faites dans le bon ordre et dans les bons délais, pas à la chance. Le reste de nos méthodes de préparation se trouve dans nos guides pratiques.
Questions fréquentes
- Handivoyage existe-t-il toujours, et faut-il recréer un compte sur mobee travel ?
- Oui, le service existe toujours : Handivoyage a changé de nom pour mobee travel en 2019. L’ancienne marque n’apparaît plus sur le site actuel, donc si vous cherchez « Handivoyage » sans rien trouver, c’est normal, rendez-vous sur mobee travel. Il n’y a pas d’ancien compte à réactiver, vous en créez un sur la plateforme actuelle.
- Combien de temps avant le vol faut-il demander l’assistance à l’aéroport ?
- Au moins 48 heures avant l’heure de départ publiée, en le signalant à votre compagnie, votre agence ou votre tour-opérateur, idéalement dès la réservation. L’assistance est gratuite dans tous les aéroports de l’Union européenne, mais passé ce délai, l’aéroport n’a plus d’obligation de la fournir.
- Un fauteuil roulant électrique voyage-t-il en soute sans supplément ?
- Oui : le règlement européen impose le transport gratuit de jusqu’à deux équipements de mobilité par passager, fauteuil électrique compris, en plus du matériel médical. La contrainte porte sur les batteries au lithium, souvent amovibles, que la compagnie peut demander de retirer et d’emporter en cabine. Signalez le fauteuil au moins 48 heures avant et confirmez les règles de batterie avec la compagnie.
- Comment savoir si une chambre annoncée « adaptée » l’est réellement ?
- En ne vous fiant ni à la case cochée ni aux photos. Demandez les mesures précises (largeur de porte, hauteur du lit, espace de rotation), une photo récente de la salle de bain avec un mètre visible, et privilégiez un hébergement labellisé Tourisme et Handicap, seul label d’État vérifié par une visite tous les cinq ans.
- Existe-t-il des aides financières pour partir en vacances avec un accompagnant ?
- Oui. L’Aide aux projets vacances de l’ANCV, portée avec l’Unapei, finance jusqu’à 80 % du coût du séjour sous condition de ressources, accompagnant inclus. Les caisses d’allocations familiales et les conseils départementaux proposent aussi des aides, variables selon le territoire, à demander directement auprès d’eux.
Sources
- mobee travel, site officiel : catalogue, services et statut de la plateforme — consultée le 26/07/2026
- Observatoire des inégalités, renoncement aux vacances des personnes handicapées (Eurostat 2022) — consultée le 26/07/2026
- Ministère de l’Économie, label Tourisme et Handicap : nombre d’établissements et objectifs — consultée le 26/07/2026
- Association Tourisme & Handicaps, structures labellisées et familles de handicap — consultée le 26/07/2026
- Association Tourisme & Handicaps, Destination pour tous : territoires labellisés — consultée le 26/07/2026
- Ministère de la Transition écologique, droits en avion (règlement CE 1107/2006) — consultée le 26/07/2026
- SNCF Voyageurs, Accès Plus et Assist’enGare : délais et conditions d’assistance — consultée le 26/07/2026
- Service-Public, carte mobilité inclusion (CMI) : mentions et droits — consultée le 26/07/2026
- ANCV, action sociale et aides au départ en vacances — consultée le 26/07/2026